• Marckolsheim en 2012

     

  • Marckolsheim en 1909

     

  • Mauchen

    Aujourd’hui annexe de la ville de Marckolsheim, Mauchen fut autrefois un village indépendant, avec sa propre paroisse. La mention la plus ancienne de son nom date de 777 : dans une charte, l’abbé Fulrad de l’abbaye de Saint-Denis au nord de Paris, fait alors donation de biens à cette abbaye, dont des terres à Mauchinhaim. On trouve ensuite les formes Mouchenheim (953, 1371, 1464), Mochenheim (1352, 1451), Muchenheim (1356), Mauchenheim (1542) et finalement Mauchen (1666).

    Un château sur motte (château de bois et de terre) - aujourd’hui disparu et à l’emplacement peu certain - y existait également, et a sans doute donné son nom à la famille noble von Mochenheim, citée entre 1298 et la première moitié du 14e siècle. En 1666, on pouvait encore voir une petite place ronde entourée d’un ancien fossé.

    La petite localité possédait un recteur et une église paroissiale, au moins dès le 14e siècle, placée sous le vocable de Saint Grégoire : c’est l’actuelle chapelle qui existe encore sur le site, et donc la tour portait autrefois la date de 1246. Le clocheton date néanmoins du 17e siècle. En se basant sur la taille de l’édifice, on a estimé que le village devait avoir à l’époque une cinquantaine de foyers, soit 200 à 250 habitants, ce qui semble cependant surévalué.

    Des peintures murales datant du 13e siècle, composées de deux ensembles - les douze apôtres dans le chœur et sept scènes de la Genèse au-dessus de la porte d’entrée - ont été recouvertes lors de travaux de réfection en 1952. Une réplique de la fresque de la Genèse a été réalisée sur la base d’un relevé précis effectué en 1907 par l’abbé Walter.

    La légende veut que la population de Mauchenheim disparut en raison de la peste noire au courant du 14e siècle. Mais il est probable que la désertion du lieu s’étala sur plusieurs siècles. Au 17e siècle, le seul habitant encore sur place est un ermite (Waldbruder). Dépendant à la fin de l’Ancien Régime de la seigneurie de Ribeaupierre, le hameau fut officiellement rattaché à la Révolution à la commune de Marckolsheim, qui hérita de son territoire.

    Des fouilles réalisées entre 1972 à 1974 ont mis au jour des vestiges d'une ancienne voie romaine et d'un ossuaire.

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  • Le moulin dit "Herrenmühle"

    La Herrenmühle, situé sur le Muehlbach (« rivière du moulin »), un cours d'eau canalisé, est le dernier des moulins de Marckolsheim. Il y eut en effet sept moulins sur ce Muehlbach entre Artzenheim et Rhinau, dont la la Rheinmühle qui existait encore en 1889. La plus ancienne partie des bâtiments de la Herrenmühle aurait été construite en 1682, le moulin à grain datant lui de 1740. Propriété communale depuis les origines, semble-t-il, exploité par les familles Ehlgartner, Allonas, Munch, Dietsch puis Sommer, il fut acquis par la famille Walter en 1879 ou 1881.
    Une scierie vint le compléter en 1885, avec l’ajout d’une turbine à hélice en 1889, qui produisit de l’électricité à partir de 1892. En 1900, une boulangerie industrielle équipée de deux fours à vapeur fut bâtie à proximité du moulin et une turbine secondaire destinée à la scierie à bois fut ajoutée en 1905. Le seul vestige actuel de cette boulangerie est la cheminée d’époque. La scierie a été exploitée jusqu’en 1965 et le moulin, dont l’équipement avait été modernisé en 1938, a cessé de fonctionner en 1970, alors exploité par Joseph Walter.

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  • La casemate 35/3

    Actuellement propriété de la commune de Marckolsheim, la casemate 35/3 se situe au bord de l’ancienne route allant vers le Rhin (D10). Le chiffre 3 indique qu’elle faisait partie de la troisième ligne de défense de la ligne Maginot le long du Rhin : la première ligne était située au bord même du fleuve, avec de petits ouvrages, la seconde était en retrait pour couvrir les points de passage et la troisième était la « ligne des villages », avec des casemates plus importantes. Sur le territoire de Marckolsheim se trouvait également la casemate 34/3, fortement détruite lors des combats de 1940, et aujourd’hui recouverte de terre (rue de la Tamise).

    Ces casemates de la « ligne des villages » faisaient partie de la seconde tranche de construction de la ligne Maginot, commencée à partir de 1931. La première tranche, construite à partir de 1930, comportait dans notre région la ligne de la berge et la ligne des abris. 34/3 (Marckolsheim Nord) et 35/3 (Marckolsheim Sud) étaient des ouvrages du type dit CORF, du nom de la commission (Commission d'Organisation des Régions Fortifiées) qui établit les plans des ouvrages les plus puissants de la ligne Maginot, même si ceux de Marckolsheim n’ont rien de comparable, par exemple, avec ceux de Schoenenbourg dans le nord du Bas-Rhin ou du Hackenberg en Moselle.

    Les « équipages » - terme consacré - des 34/3 et 35/3 (25 hommes chacune) étaient rattachés au secteur fortifié de Colmar, sous-secteur de Hilsenheim, et appartenaient au 42e RIF (Régiment d’Infanterie de Forteresse). Ces ouvrages possédaient deux chambres de tir, et étaient équipés entre autres de deux canons antichars de 47 mm, ainsi que de nombreuses mitrailleuses. Lors de l’assaut allemand du 15 juin 1940, la 35/3 était commandée par le lieutenant Marois. Elle fut attaquée par des Stukas, puis par des canons de 88 mm. Les soldats allemands déposèrent finalement des explosifs sous les créneaux de tir de la casemate. Malgré sa résistance héroïque, abasourdi par les explosions, enfumé, l’équipage dut se rendre ,déplorant la mort du caporal-chef Louis Gardet. Fin juin 1940, Hitler en personne vint visiter la casemate.

    Depuis janvier 1973, la casemate 35/3 abrite le Musée-Mémorial de la ligne Maginot. Son inauguration eut lieu en présence du général de Boissieu, gendre du général de Gaulle, dont les troupes libérèrent Marckolsheim en janvier 1945.

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  • Tourisme du patrimoine : circuit de mémoire 1939-1945

    L’histoire, et donc le visage actuel de la ville de Marckolsheim ont été fortement marqués par les évènements dramatiques de la seconde guerre mondiale. Cela commence par la construction de la Ligne Maginot à partir du début des années 1930, se continue avec les durs combats de juin 1940 et la destruction quasi totale de cette magnifique cité aux rues médiévales qu’était jusqu’alors Marckolsheim, avec ses bâtiments s’échelonnant du 17e au 18e siècles pour la plupart . Vint encore le début de construction d’une « ville-modèle » nazie… Sans parler des nouvelles destructions lors de la Libération, en janvier 1945.

    L’inscription, le 24 octobre 2012, à l’inventaire des monuments historiques de la Cité Paysanne, seul quartier de cette « ville-modèle » effectivement sorti de terre, ainsi qu’un des baraquements en bois de la Siedlung, ce lotissement de baraquements qui abrita des années durant les habitants de la ville privés de logis, a remis en lumière ce passé certes douloureux, mais qu’il ne faut pas oublier.

    Ces bâtiments ne sont cependant pas les seules traces subsistantes de cette époque. A l’heure où le tourisme patrimonial connaît un regain d’intérêt (il n’y a qu’à voir l’affluence chaque année lors de la Journée du Patrimoine), Mémoires Locales de Marckolsheim a appelé de ses vœux la mise en place d’un « circuit de mémoire 1939-1945 » qui d’une part jouerait un rôle éducatif certain, et d’autre part participerait à l’attrait touristique de la cité.

    Ce circuit serait jalonné de plusieurs étapes, avec idéalement à chacune d’elle un panneau explicatif, complété par une brochure qui apporterait les éléments historiques utiles à connaître. Notre Comité a étudié ce à quoi il pourrait ressembler, et l’a soumis à de la population et des élus de la ville en février 2013.

    Ce parcours ferait une longueur totale de 13 kilomètres. Il commencerait sur le parking du seuil (barrage immergé) agricole au bord du Rhin, avec un début de promenade en direction du Centre Nautique. Les étapes seraient alors les suivantes :

    - Casemate 46/1 Limburg sud
    - « Villa Stosstrup » (abri bétonné)
    - Butte Limburg Pont (casemate de berge recouverte)
    - Chambre de coupure (nœud de lignes téléphoniques)
    - Casemate 35/3 (Mémorial de la Ligne Maginot)
    - Siedlung (lotissement construit par le RAD) - maisons visibles à ce jour : 9 - 11 -15 Rue de la Passerelle, 7 (état d’origine) – 9 Rue du 42ème RIF, 2 Rue des Tabacs)
    - Casemate 34/3 (recouverte)
    - Casernes rue de la chapelle (42e RIF puis Douanes et aujourd’hui logements sociaux)
    - Caserne du 42e RIF route d’Elsenheim
    - PC du commandant Coulomb du 42e RIF
    - Cimetière militaire
    - Cité Paysanne.

    A pied, ce circuit fait entre 3 et 5 heures, en fonction du temps passé sur les différents lieux. Les membres du Comité qui l’ont « testé » ont mis 2 heures sans visiter la casemate 35/3 (compter minimum 1 heure pour le faire), ni les abords de la 34/3 (1/4 h), sans s’attarder non plus à la Siedlung (au moins 1/4h), ni au cimetière militaire (au moins 1/4h), ni à la cité paysanne (prévoir 1heure avec des explications écrites en main) ni un arrêt aux casernes (1/4h).

    Dans l’attente de la mise en place effective de ce circuit sur le terrain, nous mettons ici à la disposition des passionnés d’histoire le plan général de ce parcours, suivi d’une vue de chacune des étapes, dont certaines sont probablement inconnues de nos lecteurs.

    Le Comité

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